Je chine donc je suis… récit d’une chineuse

Aujourd’hui, je prends un peu de recul, ma petite boutique vintage en ligne ouvre ses portes dans quelques jours, alors il est temps de me livrer un peu et de réfléchir à ce projet qui me tient à cœur depuis un moment et qui a pris bien plus de temps que prévu.

Le profil du chineur est multiple… je suis une chineuse parmi tant d’autres.

Pour certains, c’est une balade, une brocante, le grand air, le week end, c’est un peu plus ressourçant en général de faire du shopping dehors que d’entrer dans une grande surface si on y songe ;

Pour d’autres, chiner c’est comme se lancer dans une quête, une traque pour trouver THE objet, de se faire des petites montées d’adrenaline à chaque sortie car nul ne sait ce qu’il va trouver au départ ;

Mais c’est aussi bien sûr aussi une façon de faire des économies,  de gâter ses enfants à moindre coût, de se faire plaisir… de faire plus avec moins ;

Et puis une façon de revenir dans une époque passée, de dégoter un objet de son enfance ou datant de ses ancêtres, de retrouver un objet dont on s’est séparé à regret ;

Une question d’éthique? aussi, car récupérer et donner une seconde vie c’est une démarche respectueuse de notre société de consommation, bref à chacun sa raison…

Et moi? je chine un peu pour chacune d’entre elles et mais surtout cela ne peut être que génétique, je chine de père en fille

Petite, je me rappelle des dimanches matin, j’attendais le retour de mon père parti en vadrouille. C’était à chaque fois suspense et étonnement et un grand plaisir de découvrir chacune de ses trouvailles.

Un objet insolite? alors venait le moment du quiz familial pour deviner l’utilité dudit objet.

Une nouvelle collection? ou un énième ancien camion, train ou voiture qui avait le goût de son enfance. Parfois, un bijoux, en argent bien souvent qui rejoignait le tiroir de collection, jusqu’à ce que les arguments des trois filles de la maison aient eu raison de mon père… et finisse dans le notre!

Amoureuse de l’ancien, je n’ai aucun doute d’où me vient cet amour pour la vieille pierre, la patine, le bois mais surtout pour cette curiosité sur l’histoire de ce qui m’entoure…

Cette passion de famille je me la suis appropriée et je la vis à présent à ma façon… Passionnée du design du XXème siècle, de patrimoine architectural… et aussi une grande amoureuse de chaises et fauteuils que j’adore rénover, poncer, transformer.

Le soucis c’est que lorsque l’on aime on a du mal à se séparer, alors on accumule, mais je ne peux décemment pas garder 20 chaises, 10 fauteuils….dans mon appartement, alors un questionnement s’imposait… une réflexion de longue haleine, un requestionnement global de ma vie professionnelle.

Chiner pour mon chez moi est chose à peu près faite, des meubles années 50, du bois, du métal, et pas mal d’huile de coude, il est temps de passer à autre chose…

Chaque meuble ou presque ici a son histoire, des matinées à aller chercher à l’autre bout de l’ile-de-france ou de Navarre en embarquant mon cher et tendre dans des virées parfois improbables…, des journées à poncer en famille, des petits moments à chercher et à trouver l’annonce de mes rêves …, le plaisir d’être pleine de poussière mais de découvrir sous tout plein de vernis, le veinage d’un bois oublié… bref je me souviens de chaque recherche et pour chacun de ces meubles, je conserve des images, des photographies mentales de ces moments, et un peu de fierté aussi…

Et me voilà partie pour me lancer seule… intégrer une passion dans mon quotidien professionnel en essayant de vous faire partager tout cela. Chiner pour les autres, essayer de ne plus (trop) s’attacher, laisser partir dans d’autres maisons… je saurai faire!

Les opposés s’attirent, ou l’heureux mariage de la tradition et de l’agrume
J’aime ces ambiances industrielles pour petits